lunedì 26 giugno 2017

il filosofo Alain Durel sulla bellezza della spiritualità ortodossa.Intervista condotta d Tudor Petcu


Risultati immagini per icona della bellezza della divina liturgia


1.)    La première question que j'aimerais vous poser c'est très simple mais assez importante pour mieux comprendre votre personnalité spirituelle: comment avez - vous découvert la spiritualité orthodoxe?

Issu d’un milieu athée et anticlérical, jeune comédien sensible à la beauté et passionné par le surréalisme, j’ai rencontré un ermite dans le sud de la France qui m’a ouvert les yeux sur la dimension spirituelle.  En raison de mon conditionnement antichrétien, je me suis d’abord tourné vers l’Inde ou j’ai effectué de nombreux séjours et où j’ai pratiqué le yoga en compagnie de grands maîtres hindous.  Paradoxalement, c’est l’Inde païenne qui m’a préparé au christianisme. (Je raconte tout cela en détail, notamment, dans La presqu’île interdite.) Revenu en France, je pensais entrer dans un monastère hindou (ashram) pour devenir moine de l’ordre Ramakrishna, lorsque j’ai vécu une expérience mystique très forte qui m’a conduit en Grèce puis au mont Athos où j’ai eu la « révélation » de l’Orthodoxie. J’ai vécu comme novice au mont Athos une année, puis j’y suis retourné à plusieurs reprises.


  
2.) Quelle serait a vos yeux l'unicité, ou mieux dit, la beauté de l'Orthodoxie? Qu'apporte l'orthodoxie d'intéressant et de nouveau en tant que manière de vivre?

La beauté de l’orthodoxie, il faudrait des centaines de livres pour en parler, et encore nous n’épuiserions pas le sujet ! Pour être bref, je dirais qu’elle tient au fait que la spiritualité, la liturgie et la dogmatique sont une seule et même chose. Autrement dit, la théologie est vécue comme une louange, la louange est théologique, la liturgie est un art sacré qui magnifie la beauté tout en ramenant l’esprit vers Dieu, sans oublier la corps qui joue un rôle crucial dans l’orthodoxie. Celle-ci doit rester une pratique, une manière de vivre, de contempler et d’aimer. Si elle devient juridique ou politique elle perd son âme. Pour moi, les fols en Christ constituent le cœur de l’orthodoxie, ils sont au-delà des normes de la morale bourgeoise et montre que toute prétention religieuse est vaine. La clef et l’humilité et la bienveillance.



3.)    On parle d'habitude de l'Orthodoxie en tant que l'amour de la sagesse. Croyez-vous que cette définition soit - elle la meilleure pour bien comprendre l'Orthodoxie?  Quelle est en fait votre compréhension sur l'orthodoxie et comment pourrait-on découvrir son tréfonds?


Il me semble que « amour de la sagesse » est la définition de la philosophie. Toutefois, pour les Pères du désert, la vie monastique était la véritable philosophie. Loin de ce qu’elle est devenue par la suite, une pure spéculation intellectuelle vaine et stérile, la philosophie des Pères était et est encore – notamment au mont Athos – une forme de vie en accord avec l’Esprit déifiant. L’orthodoxie n’est pas une morale et j’irais même plus loin en disant qu’elle n’est pas une religion. Comme disait le Père Basile Gontikakis, qui fut mon higoumène au mont Athos, l’Orthodoxie c’est la Vie véritable. On dit parfois à juste titre que le mystère central de l’orthodoxie est la déification du créé. C’est vrai, mais il ne faut pas voir la déification comme une sorte de « surhumanisation » : le saint n’est pas un superman ! La déification, c’est rejoindre en nos cœurs l’amour que Dieu à pour nous, et le déverser en retour sur nos frères humains et sur toutes la création.

4.)    Comment devrions-nous comprendre a votre avis le rapport entre l'orthodoxie et la raison? Autrement dit, quelle serait la place occupée par la raison dans l'Orthodoxie?

La grande erreur de l’occident a été de tout miser sur la raison. Ainsi, c’est constitué peu à peu l’onto-théo-logie, la théologie comme science spéculative des fondements. Dieu a été identifié à l’Etre ou à la Raison. Pour les Pères grecs, dont l’approche est apophatique, Dieu est au-delà de la raison, au-delà de l’être et du non-être, au-delà de toute représentation. Toute image de Dieu est une idole, comme dit saint Grégoire de Nysse. Toutefois, il ne s’agit pas de rejeter la raison. Celle-ci a sa place dans son ordre propre. Comme disait Pascal : « quoi de plus raisonnable que ce désaveu de la raison » ? L’orthodoxie montre les limites de la raison et nous oblige à faire un grand saut dans l’au-delà. La raison doit remonter à sa propre source, au-delà de l’intellect, dans le cœur profond, là où jaillit la grâce.


5.) Un théologien américain disait que dans l'orthodoxie tous peuvent découvrir leur sainteté cachée. Comment comprenez-vous cette affirmation?

Oui, c’est vrai, mais je ne crois pas que cela soit une spécificité orthodoxe. C’est aussi vrai pour d’autres grandes traditions. Découvrir sa sainteté cachée, c’est découvrir notre identité réelle. Nous nous identifions à tord avec notre ego, le « vieil homme » dont parle saint Paul. En réalité, nous sommes enfants de Dieu, héritiers de la promesse,  unis charnellement et spirituellement au Christ qui est lui-même « un avec le Père ». Notre sainteté caché n’est rien d’autre que notre être profond et véritable : nous sommes, dit saint Paul, un seul esprit avec le Christ, au point que ce n’est plus nous qui vivons, mais le Christ en nous.


6.) Je vous saurais gré si vous pouviez mettre en évidence votre perspective sur le rapport entre l'Orthodoxie et les besoins sociaux de l'homme contemporain, car c'est un thème qui, a mon avis, devrait préoccuper les orthodoxes.

Vous avez raison, l’orthodoxie s’est principalement préoccupé sur la contemplation, même si elle n’a jamais oublié l’action sociale comme on veut parfois le faire croire en occident. Je crois que l’orthodoxie gagnerait à s’associer plus encore à différents mouvements d’action sociale. Toutefois, il me semble qu’elle a une mission qui lui est propre et qu’en l’oubliant elle pourrait se perdre dans une sorte d’horizontalité « trop humaine ». La mission de l’orthodoxie est de rappeler à l’humanité d’où elle vient et où elle va, de lui montrer de manière concrète la présence de Dieu dans le monde, la beauté de l’Esprit. C’est pourquoi je pense qu’elle doit être avant tout une école de contemplation. Il faut laisser à César ce qui est à César et rendre à Dieu ce qui est à Dieu. On eut être orthodoxe et bon citoyen de son pays. Le rôle de l’orthodoxie n’est pas de faire des choses mais de montrer par l’exemple que l’on peut exister autrement. Bref, pour moi, la mission de l’orthodoxie est de révéler la joie qui vient d’en haut et qui cependant est au plus profond de nous.

Nessun commento:

Posta un commento